Et après

La Libération de Paris, comme je l'ai écrit en préambule, ne fut pas un évènement majeur dans le déroulement de la 2ème Guerre mondiale. Juste un épisode qui, comparé par exemple à l'ouverture du nouveau front en Europe par le débarquement du 6 juin 1944, n'a que très peu d'intérêt stratégique. Les pertes allemandes sont minimes; de nombreux soldats n'étaient que des territoriaux âgés. En revanche, les troupes aguerries qui ont pu fuir l'encerclement de Normandie permettront aux généraux allemands de prolonger la guerre de plusieurs mois et de réaliser la dangereuse contre-offensive des Ardennes en décembre 1944.

 

Mais la Libération de Paris, saluée comme il se doit dans le monde libre, a un impact psychologique énorme. La France de Vichy qui collaborait avec l'occupant a disparu. Les Français, F.F.I et soldats de la 2ème Division blindée ont libéré leur capitale. La France est dans les rangs des Alliés et poursuivra avec eux l'assaut final. Le général de Gaulle a réussi la mission qu'il s'était fixée, la France fera partie des vainqueurs.

La 2ème Division blindée représente aux yeux de tous l'Armée libératrice, au grand dam du général de Lattre de Tassigny qui se bat, à la tête de la 1ère Armée, depuis des mois en Italie et qui vient de débarquer sur les côtes de Provence.

La Libération de Paris … une fête extraordinaire qui se termine en apothéose quand le général de Gaulle descend les Champs Elysées pour se rendre à la cathédrale Notre Dame le 26 août 1944. La foule qui l'acclame est énorme … immense ! C'est la liesse … la joie … la fête … la fête folle ! De mémoire de Parisien on n'avait jamais vu un tel enthousiasme.


Mais le lendemain il faut enterrer les morts. On découvre avec effroi des fosses communes.

Le métro tarde à reprendre du service. Le gaz est distribué avec parcimonie. On manque de tout. L'occupant rageur a tué mais aussi détruit des installations essentielles. Le marché noir persiste. Dans les journaux on peut lire la liste des collaborateurs arrêtés, parfois des gens connus, et transférés au camp de Drancy, reconverti pour l'occasion. L'échange de courrier avec les prisonniers détenus en Allemagne est interrompu. Les familles sont inquiètes.

La fête est finie … la vie reprend avec ses difficultés quotidiennes et pour certains avec ses injustices.

Vous pourrez lire dans les pages suivantes ce que furent les lendemains de la Libération de Paris.

- La vie reprend son cours
- L'humour reprend ses droits
- Une petite page de publicité
- L'épuration est en marche
- Des difficultés insurmontables
- La découverte de l'horreur