Méprise porte de Charenton

Sur le relevé des communications téléphoniques reçues à la Préfecture de police du 20 au 26 août 1944 on peut noter cet appel du 22 août à 17h30 : 

du 12ème : en prêtant main forte à F.F.I en difficulté rue de Charenton, deux gardiens de la paix ont été tués; un brigadier et trois gardiens de la paix blessés. Parmi ces derniers un démissionnaire de guerre. Gardiens tués : Ladet et Theureau. 391, 205, 285 avisés.

 Au bout de la rue de Charenton, sur la pelouse de Reuilly, on découvre ce monument commémoratif.

 

Neuf victimes

Que s'est-il donc passé ici ? Ce 22 août, le groupe "Tante Jeanne" des F.F.I repère des soldats allemands au repos sur la pelouse du Bois de Vincennes, en face du cimetière porte de Charenton. Ils sont assis dans l'herbe, l'arme à portée de la main. Tout paraît calme. Le groupe "Tante Jeanne" est le corps franc de la 8ème centaine du 1er Régiment. L'attaque est donc décidée, la consigne n'est-elle pas de harceler l'ennemi et de récupérer des armes ? Mais les soldats se défendent âprement, une automitrailleuse parquée dans les sous-bois vient même les épauler. Ils n'étaient que le groupe de tête d'un élément plus important qui maintenant se dévoile. La bataille tourne vite au désavantage des F.F.I qui doivent abandonner le terrain. Les policiers venus en renfort sont pris au piège.

Le combat meurtrier fera, en fait, les victimes suivantes :

Marius Delcher, 33 ans, employé de la SNCF Louis Ladet, 31 ans, gardien de la paix
Albert Maderon, 37 ans, employé de la SNCF Jules Moureau, 35 ans, employé de la SNCF
Paul Pégart, 42 ans, brigadier de police Henri Régnier, 45 ans, sous-brigadier de police
Maurice Salomez, 32 ans, employé de la SNCF Simon Theureau, 42 ans, sous-brigadier de police
Robert Jegou, 24 ans, gardien de la paix stagiaire  

Le corps franc "Tante Jeanne" a été recruté essentiellement chez les cheminots, Marius Delcher en est le chef. Tous les policiers sont du commissariat du 12ème arrondissement. Le brigadier Paul Pégart appartenait au réseau "Alliance".

   
Paul Pégart  Henri Régnier et Simon Theureau